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San Ghjuvanni in Patmos

Cantates de Bach, et texte de Marc Biancarelli

Concert dramaturgique

Le mystère des cantates de Bach, leur profondeur et leur lumière, la beauté du langage musical, est la source d’inspiration de ce projet. Comment questionner et proposer aux auditeurs la musique de ces cantates pour que le dialogue entre le public et les œuvres perdure ? 


Il y a 300 ans, Jean-Sébastien Bach entreprend l’édifice d’un immense corpus de musique sacrée, en écrivant chaque semaine de l’année une cantate différente qui était jouée après ou pendant la messe. Chaque cantate est en lien théologique et dramaturgique avec le texte ou le sujet de la liturgie du jour. C’est donc une musique qui nous parle en ce sens de la peur de l’anéantissement, de la tendresse face à la mort, de la confiance fraternelle et de lumière de joie. Mais c’est aussi une musique chargée de symboles  et d’images comme l’obsession de Bach de décrire sur la partition les vagues de la mer, la pluie et la neige qui tombe doucement du ciel, le tournoiement obsessionnel d’un serpent.


Les compositions proposent des formations instrumentales et vocales les plus variées, offrant de nouvelles associations tant dans les timbres, que dans les formes et l’utilisation du chœur (entendu comme turba latine) comme un effet théâtral. 


Aujourd’hui, nous souhaitions partager au public ces chefs d’œuvres à notre manière : jongler entre la partition originale et la création d’arrangements nouveaux, afin d’étendre les sonorités à une palette de timbres alliant les instruments historiques aux instruments modernes. 


“San Ghjuvanni in Patmos” est une adaptation en cismuntincu d’une nouvelle de Marc Biancarelli réecrite pour l’occasion par l’auteur dans une version pour la scène et incarnée par deux personnages : Pierre Laurent Santelli en légionnaire romain, gardien de Saint Jean sur l’île de Patmos et Roselyne de Nobili en narratrice. San Ghjuvanni in Patmos est un texte qui fait brillamment écho à la musique de Bach et qui en partage une symbolique commune. Ce texte explore avec puissance, humour parfois l’histoire de Saint Jean le Théologien dictant à ses disciples le livre de l'Apocalypse, en exil forcé sur cette île aride du Dodécanèse. Mais ce qui est surtout raconté c’est un lieux où les limites de l’humanité se révèlent, ou cet espace clos et  insulaire devient révélation de l’inéluctabilité du rapport de violence au monde. Sur Patmos on y trouve la figure magnétique et résiliente de Saint Jean et ce simple légionnaire bourru qui illumine le discours avec la conscience de sa propre faiblesse, devenant sa dernière arme pour résister. Sur Patmos il y à l’humanité entière.

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©2019 by Camerata Figarella - Bach to Corsica

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